Toute hypnose est autohypnose, partie 1

Toute hypnose est autohypnose, partie 1

Entre son passé sulfureux et l’image qu’en diffusent plateaux TV et spectacles, l’hypnose donne souvent l’impression que quelqu’un (l’hypnotiseur) prend le contrôle de quelqu’un d’autre. Qu’il lui fait faire ce qu’il veut, profitant de sa faiblesse d’esprit.

L’objet de cet article est d’expliquer ce qui se passe vraiment, et donc de dépasser cette conception simpliste et erronée du phénomène hypnotique. De montrer que l’hypnose ne se passe pas vraiment dans la suggestion, le stimulus, mais dans le traitement que la personne en fait, avec son corps, ses sens, et son cerveau, et par lequel elle vit l’expérience et crée sa réalité interne. Que l’hypnose est ce processus de création de la réalité interne. Et donc qu’au fond, toute hypnose est autohypnose.

Voici quelques exemples pour illustrer mon propos.

Quand vous allez au cinéma ou quand vous lisez un bouquin qui vous passionne, votre inconscient vous fait oublier que ce sont des mots sur une page ou de la lumière sur un écran, le contact du fauteuil et les bruits de pop-corn mâchés par votre voisin, pour vous transporter hors du temps et de l’espace, connecter avec une autre réalité, celle de l’histoire racontée, vous en faire vivre des émotions, vous identifier aux personnages, voyager…
Dans cet état, concentré et créatif (sur la base des mots proposé par l’écrivain, vous créez un univers à l’intérieur par exemple), vous acceptez d’augmenter votre suggestibilité pour pouvoir profiter de l’expérience. Vous acceptez de croire, le temps du film, que c’est vrai. L’inverse serait contre-productif, n’est-ce pas ?
C’est l’expérience intérieure que nous créons qui nous pousse à vivre des états de « transe » dans notre vie (aller au cinéma, lire des livres, écouter de la musique, danser, faire de l’art…). C’est une des raisons pour lesquelles, après avoir co-créé, dans son théâtre intérieur mental, une version personnalisée du livre qu’on a adoré, on est très souvent déçu (par le décalage) de l’adaptation au grand écran. Vous êtes plus créatif et vous vous connaissez mieux que le meilleur des cinéastes !

Un autre exemple, dont vous allez pouvoir faire l’expérience, là, tout de suite.
Je vais utiliser un procédé hypnotique (la négation) pour vous faire expérimenter un changement de sensations. Votre cerveau gère très difficilement la négation : pour ne pas penser à quelque chose, il est obligé d’y d’abord penser. Cela permet d’écrire des choses comme…

Vous êtes en train de lire ces mots et vous pouvez essayer, là, de ne pas vous concentrer sur les sensations que vous avez dans vos mains. Que se passe-t-il ? Votre attention est attirée vers les mains, avant même d’avoir pu lutter contre cette idée n’est-ce pas ? Et vous pouvez observer comment, quand votre attention se place dans ces mains, les sensations changent un petit peu. Cela prend souvent la forme d’un picotement, un fourmillement. Ou de la chaleur. Et parfois c’est encore différent…
Et quand vous ressentez ça, si on voulait créer un phénomène d’hypnose plus poussé, comme par exemple une main ou l’autre ou les deux qui flottent dans l’air, il ne serait peut-être même pas nécessaire de vous demander de vous demander « Laquelle des deux mains est la plus légère, là, maintenant ? » pour juste se rendre compte que le fait d’observer et donc de créer de la légèreté, l’amplifie, au point que la main peut commencer à bouger, souvent un doigt au début, et même parfois avoir aussi envie de flotter depuis la paume…

Je ne sais pas jusqu’où, en lisant le paragraphe précédent, vous êtes-vous autorisés à aller dans l’expérience et donc avez pu ressentir des choses surprenantes. Mais quoique vous ayez vécu, mon propos est de montrer que c’est vous qui l’avez créé, sur la base de mes propositions.

 

Par Adrien Moulard
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