Le paradoxe de l’autohypnose

Le paradoxe de l’autohypnose

Laissez votre inconscient bosser

Dans cet article, vous allez donc découvrir une approche particulière et surprenante peut-être de l’autohypnose – loin de la « technique », comme elle est parfois diffusée (notamment sur ce site), enseignée et pratiquée, et complémentaire, je l’espère.
Je ne peux que vous encourager à suivre les pas du maître et à expérimenter par vous-même son approche naturaliste !

Autohypnose à la rescousse !

On l’a vu dans l’article précédent, l’(auto)hypnose est venue au secours d’Erickson de manière spontanée. Son inconscient a en effet créé et utilisé des états de conscience altérés pour lui permettre de dépasser sa dyslexie, de calmer ses douleurs, mener à bien au mieux des tâches qui le submergeaient…

L’expérience lui a donc montré de facto qu’une partie de lui était capable de prendre le contrôle de manière créative pour l’aider à dépasser ses limitations. Et qu’en permettant de rénover le lien avec cette partie, l’autohypnose était un moyen d’étendre, d’élargir l’éventail des possibilités humaines, de mieux accéder à nos ressources inconscientes (comme notre capacité à nous auto-anesthésier, à oublier ou au contraire à nous rappeler certaines choses, etc).

Intention et lâcher-prise : la formule magique pour s’extraire du paradoxe de l’autohypnose

Pour Ernest Rossi, élève d’Erickson et éditeur des « Collected Papers » dont cet article et le précédent s’inspirent grandement, le paradoxe est le suivant : « On entre en autohypnose pour réaliser certains objectifs conscients, mais le conscient ne peut pas dire à l’inconscient quoi faire. » (reprenant l’idée d’Erickson : « No way you can instruct consciously your unconscious »)

La conscience ne peut donc que préparer le terrain, ouvrir un espace dans lequel l’autohypnose peut arriver. Comme quand le soir vous allez vous coucher et laissez le sommeil venir.
Ainsi, « quand vous faites des suggestions, elles devraient être aussi larges que possible » surenchérit Rossi. Ne pas essayer de faire à la place de l’inconscient, juste lui donner l’orientation principale : « Soulage cette douleur », « Retrouve tel souvenir », « Fais disparaître tels envies, tel comportement stp »…
« J’irais juste en transe et dirais ‘Inconscient, fais ton truc’ »
résume Erickson.

Puisque la conscience ne sait pas comment faire de l’autohypnose, elle ne peut être que l’émettrice de l’intention, puis laisser-faire…

Rénover la relation conscient – inconscient : un apprentissage qui vaut le coup

Si la conscience ne pourra jamais savoir avec certitude ce qui va se passer en hypnose, on peut néanmoins l’entraîner à être plus tolérante vis-à-vis de l’interface entre elle et l’inconscient. Lui apprendre à interagir de manière constructive avec le ou les modes altérés de fonctionnement que l’inconscient rend disponibles.
« Le conscient […] est vraiment le partenaire dépendant. Mais une fois qu’il a développé certaines capacités à entrer en relation avec l’inconscient, il peut utiliser ces capacités en cas d’urgence pour influencer certains processus sensori-perceptuels ou comportementaux » (se créer une anesthésie en cas d’urgence par exemple).

En somme, LA technique d’autohypnose ultime !

Avoir une intention, puis laisser l’inconscient faire (éventuellement par le biais d’une technique d’entrée en hypnose, comme la lévitation de la main par exemple).
« Let your conscious mind go to rest, and your unconscious mind do the rest ! »

Bien-sûr, tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir à dépasser les mêmes obstacles qu’Erickson de sorte à se forger une confiance à ce point inébranlable dans son inconscient (et donc retirer tous les fruits d’une relation d’une telle qualité avec lui-même).
Néanmoins, quand vous pensez à tout ce que votre inconscient a fait pour vous depuis votre naissance… on peut se demander
1) si vous n’avez pas déjà une excellente relation conscient – inconscient finalement (la plupart du temps en tout cas)
et 2) ce que ça changerait dans votre vie si elle était encore plus fluide au point de – au hasard – pouvoir vous programmer pour réaliser certaines tâches en somnambule la nuit ?

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