L’autohypnose, une clef pour entrer dans la zone ?

L’autohypnose, une clef pour entrer dans la zone ?

L’état de « flow », autrement appelé la « zone », correspond aux moments d’hyperfocalisation dans une activité, qui résulte en une utilisation optimale de nos capacités. Vous savez, ces moments où on s’absorbe tellement qu’on s’oublie dans ce qu’on fait ; le corps semble alors agir par lui-même (à meilleur escient) et le temps et les bruits alentour disparaissent… Ce phénomène a beaucoup été étudié dans le domaine des arts (lorsque les doigts se baladent sur le manche de la guitare sans intervention véritable de la volonté, ou qu’un peintre oublie ses besoins physiologiques pour peindre des jours durant, créant la voute de la chapelle Sixtine par exemple…) et du sport (lorsque, au bout d’un moment, les jambes paraissent courir toutes seules et nous porter sans effort, ou que l’on atteint une sorte d’état de grâce dans lequel tout nous réussit). Son principal et premier chercheur est Mihaly Csikszentmihalyi.
On retrouve en fait ce phénomène dans toutes les activités qui représentent un challenge, lorsqu’on a la sensation qu’on a la capacité de le relever.

Dans un monde aux stimuli incessants qui – version positive – fait de nous des « multistaskers » ou – version moins positive – génère des troubles de l’attention et une incapacité généralisée à se concentrer (qui ne s’en plaint pas ?), savoir créer et entrer dans cet état peut être d’une aide précieuse, n’est-ce pas ? Car, outre le fait que cela génère souvent une joie spontanée, lorsque nous « rentrons dans la zone » nous libérons nos capacités : nous sommes fluides, habiles, l’intuition fonctionne à plein régime, la créativité se délie…
Vous l’aurez donc compris, l’objet de cet article est de montrer que l’état de flow est un état d’(auto)hypnose, et de proposer des outils pour l’activer quand vous le désirez. Je ne suis d’ailleurs pas le premier à m’intéresser aux ponts entre hypnose et « flow », en témoignent les nombreuses études parues sur le sujet (notamment dans le domaine du sport) et même une marque déposée (que je ne citerai pas).

Le « flow », un état d’hypnose

La focalisation de l’attention, l’absence de conscience de soi, l’absorption totale dans l’activité dans laquelle on est impliqué, la distorsion du temps souvent constatée… sont autant de phénomènes que l’on retrouve en hypnose. On peut ainsi dire que lorsqu’on est « dans la zone », c’est l’inconscient qui mène la barque, dans une forme de transe éveillée au cours laquelle le corps est libre d’exprimer son potentiel, sans les interférences classiques de l’esprit conscient (doute, anxiété…)

Alors, puisque l’état de « flow » nous arrive sans médiation consciente, il semble logique que l’hypnose puisse nous aider à l’inviter. De manière simple, toutes les techniques présentées sur ce blog (et toute technique qui permet de connecter avec l’inconscient en général) peuvent être efficaces pour recréer cet état.

Approches hypnotiques pour « entrer dans la zone » a volo

En termes d’induction, nous recommandons la vision périphérique, car elle coupe naturellement le train des pensées conscientes, et ramène le corps à un mode de fonctionnement libre du mental. Il a d’ailleurs été constaté que les sportifs utilisaient naturellement la vision défocalisée (c’est particulièrement vrai des arts martiaux dans lesquels ce mode de vision permet de mieux repérer – et donc anticiper – les mouvements de l’adversaire). Coïncidence ?!
Vous pouvez bien-sûr passer par une lévitation de la main (qui implique le corps dans un mouvement autonome – tiens, ça ressemble au « flow » ça non ?! – « plus ma main monte et plus je rentre en hypnose » voire « plus ma main monte et plus je rentre en hypnose dans la zone… ») ou toute autre technique ou approche qui vous permet de laisser plus de place à votre inconscient.

En termes de techniques, là encore, tant que votre intention est claire (activer un état de « flow » dans telles circonstances, par exemple), elles peuvent toutes fonctionner. Pour rentrer un peu dans le détail tout de même…

  • Vous pouvez générer l’état recherché en observant par exemple ce qui se passe dans votre centre des commandes interne lorsque vous demandez à votre inconscient de connecter avec lui.
  • Vous pouvez aussi le faire en passant en revue tous les moments de votre vie où vous êtes « entré naturellement dans la zone », et en demandant à votre inconscient d’en extraire la substantifique moelle – cela se marie très bien avec la lévitation de la main (« plus la main monte, plus l’inconscient scanne tous les moments de ma vie où j’ai été dans le « flow » ; quand la main s’arrête, cela signifie qu’il y a trouvé tout ce dont il avait besoin…»)
  • Notez comment accéder au « flow » par le centre des commandes ou en reconnectant avec les souvenirs où il était là modifie déjà vos sensations, ressentis, manières de penser, état interne… au présent ! Imaginez comment cela va influencer vos comportements futurs lorsque vous invitez votre inconscient à transférer ces apprentissages aux situations futures dans lesquelles cela vous sera utile (peut-être par de la visualisation et ancrage, ou là encore dans le cadre de la lévitation de la main : « … et plus la main redescend, plus mon inconscient transfère ces ressources, capacités et apprentissages aux moments futurs où ils seront utiles»).
  • Bien-sûr, le travail d’une Dream Team dédiée à améliorer votre capacité à « entrer dans la zone » pourra vous surprendre par son efficacité.
  • Il paraît enfin qu’il faut maintenir son attention pendant 1/4h pour que le « flow » s’active de lui-même. Cela améliore-t-il votre motivation à rester concentré sur cette tâche (quel mot mal choisi) que vous devez réaliser et que vous réaliserez dans la joie et l’efficacité si vous êtes dans le « flow », ou cela vous donne-t-il des idées en termes de distorsion temporelle ?

Bien-sûr et paradoxalement, le stress et les émotions peuvent aussi être de formidables clefs pour ouvrir la porte qui vous permet d’entrer dans la zone…

Alors, dans quelle activité allez-vous tester votre capacité nouvelle à créer un état de grâce à volonté ?

 

Par Adrien Moulard
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